Thrawn. Une trilogie inégale mais réussie dans l’ensemble

Le rachat de Star Wars par Disney a tourné une page : toutes les œuvres antérieures, romans comics (et même jeux vidéos) se sont vues mises de côté dans une temporalité « Legends » afin de laisser une liberté totale à la construction d’un nouvel univers étendu.

L’ère Disney a ainsi sonné le glas de l’univers littéraire riche de plus d’une centaine de romans. Mais depuis, de nouvelles bases ont été posées et si l’univers explore des périodes inédites (Haute République), il a également vu le retour d’un personnage emblématique : le grand amiral Thrawn.

Antagoniste emblématique des débuts des romans Star Wars, la Croisade Noire du Jedi fou qui l’introduisait avec de nombreux personnages comme Mara Jade ou Talon Lagarde, était souvent considérée comme les épisodes 7,8,9 de l’époque!

En 2015, Timothy Zahn le créateur du personnage a pu réintroduire le grand tacticien à l’aide d’une nouvelle trilogie (en plus de son apparition dans la série animée Rebels !).

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Un empire xénophobe

Le premier roman, au titre direct « Thrawn », introduit donc le chiss Mitth’raw’nuruodo dans l’univers « canon ». Il retrace l’ascension du personnage dès ses débuts à l’académie impériale, aux côtés d’un nouveau personnage, Eli Canto, jusqu’à sa promotion au rang de grand amiral. Le tout non sans embûches, l’Empire Galactique étant d’une xénophobie assumée.

Zahn arrive à créer rapidement une dynamique qui n’est pas sans rappeler Sherlock Holmes et le docteur Watson entre le génie Thrawn et l’humain plus identifiable Vanto. L’intrigue elle même à un goût rafraîchissant d’enquête avec ses rebondissement et un adversaire digne de Moriarty.

Sans mauvais jeu de mots quant à la xénophobie de l’Empire, ce premier roman en plus d’être palpitant, nous plonge du côté des « méchants » et leur offre une complexité et un aspect plus humain.

Pour le meilleur et pour le pire, les officiers, soldats ou pilotes ne sont que de simples personnes engagées pour diverses raisons la plupart du temps nobles, faisant écho à Luke Skywalker ou encore Han Solo et leur rêves de pilotes impériaux.

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Alliances : un second tome forcé

Après ce premier tome sans fautes, vient Alliances. La couverture annonce de suite la couleur: Vador et Thrawn travaillant ensemble. Si le concept a de quoi être alléchant, le livre ne décolle jamais vraiment et malgré la logique d’une collaboration entre les deux serviteurs de l’Empereur, le tout laisse un sentiment de prétexte, de livre un peu forcé et sans grand intérêt.

Timothy Zahn échoue notamment à rendre sa caractérisation de Vador crédible ce qui rend l’attrait initial du livre bancal. Thrawn est toujours présent et le livre vient donc avec son lot de mystères, mais la principal caractéristique du livre est de se dérouler sur deux périodes : une avec la mission de Vador et du grand amiral, l’autre mettant en scène Anakin Skywalker et Padmé Amidala.

Le Chiss est présent à chaque époque, mais sa présence aux côtés du jeune chevalier Jedi reste peu crédible et l’histoire qui peine à intriguer est pleine de bonnes idées au résultat décevant.

Si le second tome a des défauts, il réintroduit une idée majeure de l’ancien univers étendu avec un espace inconnu plein de mystères et d’ennemis prêts à surgir sur la galaxie. Le second tome introduit ainsi un ennemi qui sera au cœur du troisième tome : Trahison.

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Loyautés partagées

Le dernier tome est l’occasion de plonger au cœur de l’Ascendance Chiss, gouvernement d’origine de notre fameux amiral.

Pourtant cette découverte se fait par les yeux d’Eli Vanto, absent du tome précédent. Après quelques chapitres, sa route va naturellement croiser celle de Thrawn et nous livrer un final au scénario digne de ses personnages.

Ledit scénario commence pourtant de façon banal en apparences: Thrawn est happé dans une querelle politique entre deux personnages éminents, le grand Moff Tarkin et le directeur Krennic en charge d’un certain projet Stardust.

En effet, ce que le personnage a de génie tactique est contrebalancé par son manque total d’appréhension du monde politique. On voit l’intrigue évoluer avec beaucoup de satisfaction, nous offrant Thrawn au meilleur de sa forme tout en utilisant les personnages, connus ou inédits de façon très juste.

Cette trilogie est inégale mais réussit dans l’ensemble le retour d’un personnage fascinant dans l’univers Star Wars. Disney a d’ailleurs d’ors et déjà commencé la publication d’une seconde trilogie autour du personnage : Thrawn : Ascendency.

Ecrit par Paul Grosset (nouveau membre de l’équipe La Cantina)

  • Star Wars – Thrawn Tome 1, Timothy Zahn, 9,50€ (poche)
  • Star Wars – Thrawn Tome 2 : Alliances, Timothy Zahn, 9,50€ (poche)
  • Star Wars – Thrawn Tome 3 : Trahison, Timothy Zahn, 9,50€ (poche

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